2022 (9 mars) : le Syndicat des enseignants du
Togo (SET) dépose au ministère de la Fonction publique une lettre de préavis de
grève pour les 24 et 25 mars 2022, dans le but d’obtenir i) une prime
mensuelle de logement (de 50 000 francs CFA au minimum) ; ii) une prime
annuelle d’éloignement par rapport au ministère des Enseignements (de 300 francs
CFA par km) ; iii) le recrutement des enseignants volontaires exerçant ou ayant
exercé dans un établissement public pendant 3 ans au minimum et disposant des
qualifications professionnelles requises. L’effectif de ces enseignants
volontaires est estimé à plus de 13 000 personnes ; iv) une allocation de
mutation (de 100 000 francs CFA au minimum pour une mutation
interrégionale et 60 000 francs CFA au minimum pour une mutation
intrarégionale) ; v) le respect et la considération dus au rang des enseignants.
➔ Voir la lettre de
préavis de grève (n° 021/03/2022/SET) du 9 mars 2022 du Syndicat des enseignants du Togo (SET) au ministère
de la Fonction publique :
● https://drive.google.com/file/d/1Xb_LQGD0e8XDZ396ZU89gAhilh4TNpnm/view?usp=sharing
2022 (10 mars) : le gouvernement conclut un « mémorandum
d’entente » avec des acteurs du secteur de l’éducation (huit
fédérations de syndicats d’enseignants d’établissements publics, des
représentants des parents d’élèves et des représentants d’enseignants d’établissements
confessionnels). Les engagements pris par le gouvernement dans l’accord sont notamment
les suivants : le versement d’une gratification exceptionnelle de 5 milliards de francs CFA aux enseignants à l’horizon 2025, le recrutement de 3 250 enseignants
et la construction de 286 salles de classe. Le Syndicat des enseignants
du Togo (SET) maintient alors son intention de lancer une grève pour appuyer
ses revendications, car il estime que le « mémorandum d’entente »
ne répond pas aux doléances spécifiques de la majorité des enseignants à la
base dans les établissements publics. En outre, ces derniers ont encore en
mémoire le « protocole d’accord » signé le 19 avril 2018
par des fédérations de syndicats d’enseignants et le gouvernement, sans être
appliqué jusqu’à sa relecture – c’est-à-dire révision de facto et unilatérale –
par le gouvernement le 11 janvier 2021 et ensuite jusqu’à la conclusion de
ce nouveau « mémorandum d’entente » le 10 mars 2022,
conformément à une tradition ancrée de non-respect des engagements pris
vis-à-vis des enseignants.
➔ Voir un article de presse du 11 mars 2022 rendant
compte de la signature d’un « mémorandum
d’entente » entre le gouvernement et les acteurs de l’éducation :
● https://drive.google.com/file/d/1qn4uuZwVlOmPqWi7u2HP9utxno_2X53w/view?usp=sharing
2022 (15 mars) : reçu à la télévision nationale, le
ministre de la Fonction publique dénie au Syndicat des enseignants du Togo (SET) toute
existence légale et toute représentativité : « Ce sont des
groupuscules de personnes qui n’ont aucune existence légale. Ceux qui s’agitent
actuellement n’ont aucune existence légale et ne peuvent pas être des
interlocuteurs du gouvernement. »
➔ Voir un article de presse du 15 mars 2022 faisant
état d’une mise en garde du ministre
de la Fonction publique au Syndicat des enseignants du Togo (SET) au
sujet du préavis de grève :
● https://drive.google.com/file/d/17WQVDeGtVCpZk28z83CfB9dd3kt1oPyG/view?usp=sharing
2022 (17 mars) : à nouveau, sur la radio Victoire FM,
le ministre de la Fonction publique dénie au Syndicat des enseignants du Togo
(SET) toute existence légale : « Il n’y a pas de syndicat
légalement constitué au Togo qui s’appelle le SET. (…) Conformément à la loi,
un tel regroupement [c.-à-d. le SET] ne peut pas être initiateur d’un préavis
de grève. »
➔ Voir un article de presse du 17 mars 2022 faisant
état d’une nouvelle mise en garde du ministre
de la Fonction publique au Syndicat des enseignants du Togo (SET) au
sujet du préavis de grève :
● https://drive.google.com/file/d/1_NLAMYLrf0mVvFPzOxoIU0HiKAyrXXjB/view?usp=sharing
2022 (18 mars) : après l’avoir convoqué, le
ministre des Enseignements menace de « piétiner et écraser »
le secrétaire régional du Syndicat des enseignants du Togo (SET) pour la région
des Savanes, à qui il est reproché d’avoir enregistré et diffusé sur les
réseaux sociaux une conversation téléphonique avec le secrétaire général du ministère
des Enseignements.
➔ Voir le communiqué du 18 mars
2022 du Syndicat des enseignants du Togo (SET), visant à rendre compte publiquement de la rencontre du même jour du
secrétaire régional du SET pour la région des Savanes avec le ministre des
Enseignements :
● https://drive.google.com/file/d/1t8_qqOfLxHsRj5VlSqG9ss9ucpxpZNyc/view?usp=sharing
2022 (22 mars) : par courrier, le Syndicat des
enseignants du Togo (SET) notifie au ministère de la Fonction publique un mot d’ordre
de grève pour les 24 et 25 mars 2022.
➔ Voir la lettre (n° 022/03/2022/SET)
du 22 mars 2022 du Syndicat des enseignants du Togo (SET) au ministère de la Fonction publique, visant à
notifier un mot d’ordre de grève pour les 24 et 25 mars 2022 :
● https://drive.google.com/file/d/1S3s5wzRudfmNOx4n5Y-w_eaOiGk25eF_/view?usp=sharing
2022 (22 mars) : dans un communiqué conjoint, le
ministre de la Fonction publique et le ministre des Enseignements contestent l’existence
légale du Syndicat des enseignants du Togo (SET) et partant, la légalité de son préavis de grève, et menacent de
sanctions les organisateurs de la grève et les enseignants qui y participeraient.
➔ Voir le communiqué
conjoint du 22 mars 2022 du ministère de la Fonction publique et du
ministère des Enseignements contestant la légalité du Syndicat des enseignants du Togo (SET) et de son préavis de
grève :
● https://drive.google.com/file/d/1kYsP0YxBLDzlVc8XuJxqN8Nxa_LieeBN/view?usp=sharing
2022 (24 et 25 mars) : à l’issue de la première
journée de grève à l’appel du Syndicat des enseignants du Togo (SET), ce dernier
juge la mobilisation des enseignants très forte à l’intérieur du pays (quasiment
100% dans la région des Savanes, 90 % dans la région de la Kara et 80 %
dans la région Centrale et la région des Plateaux). Cependant, l’incidence de
la grève dans la capitale Lomé est plutôt faible, selon le constat établi par
les médias.
2022 (26 mars) : en déplacement dans la région des
Savanes, le ministre des Enseignements profère des menaces à l’encontre des enseignants
grévistes en des termes outranciers : « Je suis venu dans les
Savanes et le fleuve Oti m’a permis avec une météo assez intéressante de
préparer et de tirer mes premiers missiles. Mes premiers missiles tirés
depuis le fleuve Oti feront des dégâts assez lourds. Je vous dis, il y aura des
dégâts assez lourds. Parce que ceux qui s’entêtent à troubler le secteur de l’éducation
seront purement et simplement exclus de la fonction enseignante et mis à la
disposition de la fonction publique. Voilà la décision assez claire et ferme
qui sera appliquée dans les jours à venir. » Ces propos sont largement
relayés par les médias en ligne togolais.
➔ Voir un article de
presse du 27 mars 2022 rendant compte des échanges, avec la
communauté éducative, du ministre des Enseignements accompagné de quatre autres
membres du gouvernement, le samedi 26 mars 2022 à Dapaong dans la région
des Savanes :
● https://drive.google.com/file/d/1JF64pljQ5_viFikd91gAJWUWrzYsp-VO/view?usp=sharing
2022 (28 mars) : par courrier, le Syndicat des
enseignants du Togo (SET) notifie au ministère de la Fonction publique un nouveau mot d’ordre
de grève pour les 29, 30 et 31 mars 2022. Ainsi, un nouvel arrêt de
travail de trois jours, du 29 au 31 mars, à l’appel du SET, touchera effectivement les
établissements d’enseignement publics dans les cinq régions du Togo.
➔ Voir la lettre (n°
022/03/2022/SET) du 28 mars 2022 du Syndicat des enseignants du Togo (SET) au ministère de la Fonction
publique, visant à notifier un mot d’ordre de grève pour les 29, 30 et 31 mars
2022 :
● https://drive.google.com/file/d/1APwZNOR0dS5l_6WYWSWVOjPbGI_5dEXx/view?usp=sharing
2022 (30 mars) : à la suite de la grève des 24 et 25 mars 2022,
par voie d’arrêté, le ministre de la Fonction publique exclut du secteur de
l’enseignement 137 enseignants, pour « agissements et
comportements répétitifs incompatibles avec les aptitudes et exigences attachées
au métier d’enseignant ». Selon le Syndicat des enseignants du Togo
(SET), la mesure vise principalement les membres de son bureau national, de ses
bureaux régionaux et de ses bureaux préfectoraux, dans le but de « décapiter »
l’organisation. Une multitude de simples enseignants grévistes ne sont pas
visés. Par conséquent, le SET juge la mesure non seulement illégale et arbitraire
mais aussi discriminatoire.
➔ Voir l’arrêté n°
0957/MFPTDS du 30 mars 2022 du ministère de la Fonction publique, visant à
exclure du secteur de l’enseignement 137 enseignants et à les mettre provisoirement
à la disposition de la fonction publique en attendant des mesures
additionnelles à l’issue d’un conseil de discipline :
● https://drive.google.com/file/d/1Z4cVaZVsfrn5OStQhm7jNFg-7WpMcBsB/view?usp=sharing
2022 (30 mars) : dans une déclaration, la Fédération
des syndicats de l’éducation nationale (FESEN), à laquelle le Syndicat des
enseignants du Togo (SET) n’est pas affilié, appelle le gouvernement au
dialogue : « La FESEN invite les autorités à prêter une oreille
attentive aux doléances de toute organisation syndicale et les appelle à faire
preuve de plus de sincérité dans les processus de négociations avec les
syndicats et dans l’application des décisions qui en sortent pour une véritable
accalmie dans le secteur de l’éducation. »
➔ Voir la déclaration du
30 mars 2022 du bureau fédéral national de la Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN) qui, entre autres
points, appelle le gouvernement au dialogue dans le contexte du mouvement de grève
initié par le Syndicat des enseignants du Togo (SET) :
● https://drive.google.com/file/d/1SSmo75-UdmNCD_F929YmnXfOfxFdwKpx/view?usp=sharing
2022 (1er avril) : par courrier, le Syndicat des enseignants du Togo (SET) notifie au ministère de la Fonction publique un nouveau mot d’ordre de grève pour les 4, 5, 6 et 7 avril 2022. Ainsi, un nouvel arrêt de travail de quatre jours, du 4 au 7 avril, à l’appel du SET, touchera effectivement les établissements d’enseignement publics dans les cinq régions du Togo.
➔ Voir la lettre (n° 024/04/2022/SET)
du 1er avril 2022 du Syndicat des enseignants du Togo (SET) au ministère de la Fonction publique,
visant à notifier un mot d’ordre de grève pour les 4, 5, 6 et 7 avril 2022 :
● https://drive.google.com/file/d/1IkUFt7TV5VQo_EV4CBI83kzHJp_Qwvzr/view?usp=sharing
2022 (4 avril) : ce premier des quatre nouveaux jours d’arrêt de travail, des élèves descendent dans la rue dans plusieurs villes pour exiger le retour de leurs enseignants en classe. Dans la région des Savanes où le mouvement de grève est très suivi par les enseignants, cinq élèves dont une fille sont arrêtés pour actes de vandalisme et déposés à la prison civile de Dapaong le 5 avril. Ces élèves sont tous en classe d’examen (1 en troisième et 4 en terminale). La mesure disproportionnée vise manifestement à couper court, dès le premier jour, au ralliement de la grève des enseignants par les élèves. Les élèves arrêtés ne seront libérés que le 17 octobre 2022 soit près de six mois et demi après leur arrestation et après avoir été tous empêchés – par leur détention – de se présenter à leur examen de fin d’année.
2022 (5 avril) : le gouvernement reçoit les fédérations de syndicats de l’enseignement. Le Syndicat des enseignants du Togo (SET – syndicat de base non affilié à une quelconque fédération), qui se trouve au premier plan de la crise de l’éducation nationale, n’est pas associé aux discussions, d’autant plus que le gouvernement lui dénie toute existence légale.
2022 (5 avril) : par voie d’arrêté, le ministre de
la Fonction publique exclut du secteur de l’enseignement 9 enseignants
supplémentaires, pour « agissements et comportements répétitifs
incompatibles avec les aptitudes et exigences attachées au métier d’enseignant ».
Cela porte à 146 (137 + 9) le nombre des enseignants exclus du secteur de l’enseignement.
➔ Voir l’arrêté n°
1013/MFPTDS du 5 avril 2022 du ministère de la Fonction publique, visant à
exclure du secteur de l’enseignement 9 enseignants supplémentaires et à les
mettre provisoirement à la disposition de la fonction publique en attendant des
mesures additionnelles à l’issue d’un conseil de discipline :
● https://drive.google.com/file/d/1pt8_3S8u26ad7pJ3wz45P_ct1qxGkGYG/view?usp=sharing
2022 (8 avril) : trois responsables du Syndicat des enseignants du Togo (SET) et le prestataire informatique du syndicat sont arrêtés à Lomé vers 19h au domicile de ce dernier et gardés à vue dans les locaux du Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) de la Gendarmerie nationale. Les responsables du SET sont Méhohéwa Akilioulélou Joseph TOYOU (secrétaire régional Savanes), Kossi KOSSIGAN (secrétaire général adjoint) et Ditorga Sambara BAYAMINA (délégué préfectoral Grand Lomé). Ce dernier entame le même jour une grève de la faim, qu’il arrêtera le 12 avril. Le prestataire informatique lui s’appelle Folly FOLIVI.
➔ Voir le communiqué (n°
003/SET/CS) du 9 avril 2022 du Syndicat des enseignants du Togo (SET), visant à informer la communauté des
enseignants et l’opinion, de l’arrestation arbitraire, le 8 avril 2022, de
trois responsables et du prestataire informatique du syndicat :
● https://drive.google.com/file/d/1PuftWeK6o2rMKTCYhtUnapdC8r2cpKqR/view?usp=sharing
Note : précisions sur le cas du prestataire informatique Folly FOLIVI : il est en fait arrêté le 7 avril 2022. Le lendemain vers midi, le Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) de la Gendarmerie nationale lui ordonne d’appeler le secrétaire général adjoint du Syndicat des enseignants du Togo (SET) Kossi KOSSIGAN et de lui demander de passer au bureau-atelier pour récupérer les nouvelles cartes éditées pour le SET. Puis, Folly FOLIVI est conduit à son bureau-atelier par cinq gendarmes pour y attendre Kossi KOSSIGAN. Ce dernier tarde à se présenter, car il fait partie des 137 fonctionnaires exclus du secteur de l’enseignement, qui le même jour ont reçu de leur hiérarchie une note de demande d’explications préalablement à leur comparution devant un conseil de discipline, et sont alors affairés à y répondre. Ayant attendu en vain jusqu’à 14h, les gendarmes reconduisent le prestataire informatique Folly FOLIVI au SCRIC. Ils promettent de le libérer dès qu’ils auront interpellé le responsable du SET pour les besoins de leur enquête. Folly FOLIVI rappelle alors le secrétaire général adjoint du SET Kossi KOSSIGAN, qui finit par arriver au bureau-atelier en compagnie de ses deux camarades Méhohéwa Akilioulélou Joseph TOYOU (secrétaire régional Savanes) et Ditorga Sambara BAYAMINA (délégué préfectoral Grand Lomé). Ils sont arrêtés tous les trois par deux gendarmes en tenue civile et trois autres en uniforme.
2022 (8 avril) : interrogé par Radio France
International (RFI), le ministre de la Fonction publique Gilbert BAWARA affirme
que les interpellations n’ont rien à voir avec l’actualité du secteur éducatif,
mais que l’informaticien est recherché pour fabrication de faux documents
administratifs. Cependant, le ministre est contredit par une source judiciaire, selon
laquelle « il est reproché aux responsables du SET d’avoir sur le
territoire, courant mars 2022, en tout cas depuis temps non couvert par la
prescription, ensemble et de concert, incité les élèves et autres personnes à
la révolte, par des promesses, menaces, ordres ou tous signes de ralliement.
Faits prévus et punis par les articles 47 et 495-3 du nouveau Code pénal. »
L’informaticien quant à lui est accusé de complicité.
➔ Voir l’article de rfi.fr
du 11 avril 2022 : « Togo : trois membres du Syndicat des enseignants
arrêtés » :
● https://drive.google.com/file/d/1t3NwT8268umTxahVNhkMd7aadokLyIqi/view?usp=sharing
2022 (11 avril) : les trois responsables du Syndicat
des enseignants du Togo (SET) arrêtés le 8 avril 2022 sont déférés à la prison
civile de Lomé à l’issue de leur audition par le deuxième substitut du procureur,
puis par le doyen des juges.
➔ Voir le communiqué (n°
004/SET/CS) du 11 avril 2022 du Syndicat des enseignants du Togo (SET), visant à informer la communauté des
enseignants et l’opinion, du déferrement à la prison civile de Lomé des trois
responsables du syndicat arrêtés le 8 avril 2022 :
● https://drive.google.com/file/d/1yP9HaT_wx4RMW0jTFKzCpCSNUEOzbjN_/view?usp=sharing
2022 (11 avril) : dans un communiqué, un groupe de dix organisations de la société civile togolaise condamne l’arrestation arbitraire de trois responsables du Syndicat des enseignants du Togo (SET). Par ailleurs, ledit groupe réfute catégoriquement la remise en cause du caractère légal du SET par le gouvernement togolais.
➔ Voir le communiqué du 11 avril
2022 du groupe de 10 OSC (ALCADES, ASVITTO, GCD, GLOB, FDP, LCT, LTDH, MCM,
MJS, SEET), visant à condamner l’arrestation de trois responsables du Syndicat des enseignants du Togo (SET) et à réfuter
la remise en cause du caractère légal du SET par le gouvernement togolais :
● https://drive.google.com/file/d/1GTVqNL5J7oyvyfA6bAA2woB2cweNABUY/view?usp=sharing
2022 (11 avril) : le collectif d’avocats mandaté par le Syndicat des enseignants du Togo (SET) dépose auprès de la Chambre administrative de la Cour suprême du Togo une requête pour excès de pouvoir. Ladite requête conteste les arrêtés n° 957/MFPTDS du 30 mars 2022 et n° 1013/MFPTDS du 5 avril 2022 du ministère de la Fonction publique, qui excluent du « cadre des fonctionnaires de l’enseignement » respectivement 137 et 9 agents en service au ministère des Enseignements primaire, secondaire, technique et de l’artisanat. Dans un pays où le pouvoir judiciaire est notoirement inféodé au pouvoir exécutif, la requête du collectif d’avocats ne prospérera pas hélas.
2022 (14 avril) : par courrier, le Syndicat des
enseignants du Togo (SET) notifie au ministère de la Fonction publique un nouveau mot d’ordre
de grève pour les 19, 20 et 21 avril 2022, que le SET justifie par le refus
persistant du gouvernement d’ouvrir des discussions. En outre, instruction
ayant été donnée aux agents dudit ministère de ne plus recevoir de courrier en
provenance du SET, ce dernier procède à la notification par télécopie. Il
annonce dans sa lettre que le mouvement de grève est désormais reconductible
les lundi, mardi et mercredi de chaque semaine à venir jusqu’à satisfaction des
revendications posées.
➔ Voir la lettre (n°
025/04/2022/CS/SET) du 14 avril 2022 du Syndicat des enseignants du Togo (SET) au ministère de la Fonction
publique, visant à notifier un mot d’ordre de grève pour les 19, 20 et 21 avril
2022 :
● https://drive.google.com/file/d/1Y80LgA-DtRoUact3ZzZjarULv116F5d2/view?usp=sharing
2022 (19 avril) : par voie d’arrêté, le ministre
de la Fonction publique exclut du secteur de l’enseignement 4 enseignants
supplémentaires, pour « agissements et comportements répétitifs
incompatibles avec les aptitudes et exigences attachées au métier d’enseignant ».
Cela porte à 150 (137 + 9 + 4) le nombre des enseignants exclus du secteur de l’enseignement.
➔ Voir l’arrêté n° 1220/MFPTDS
du 19 avril 2022 du ministère de la Fonction publique, visant à exclure du
secteur de l’enseignement 4 enseignants supplémentaires et à les mettre
provisoirement à la disposition de la fonction publique en attendant des
mesures additionnelles à l’issue d’un conseil de discipline :
● https://drive.google.com/file/d/1aJbDt7_rKDXKcdnqeJnSA71YyDAtCG8N/view?usp=sharing
2022 (21 avril) : par voie d’un simple communiqué, le
Syndicat des enseignants du Togo (SET) annonce un mot d’ordre de grève pour les
25 et 26 avril 2022, sachant que le mercredi 27 avril tombe un jour férié
(fête nationale du Togo).
➔ Voir le communiqué (n°
008/CS/SET/22) du 21 avril 2022 du Syndicat des enseignants du Togo (SET), visant à annoncer une reconduction
du mot d’ordre de grève pour les 25 et 26 avril 2022 et à rappeler les
cinq points de sa plateforme revendicative :
● https://drive.google.com/file/d/1QUcTjX8vIYnv3k7n3wmjSeO8PWIZns5S/view?usp=sharing
2022 (25 avril) : par voie d’arrêté du ministre de la
Fonction publique, 86 enseignants fonctionnaires « sont révoqués
de la fonction publique, sans suspension des droits à pension, pour
manquements graves aux lois et règlements en vigueur et aux normes d’éthique et
de déontologie régissant les fonctionnaires, notamment des actes d’incivisme
notoire, d’incitation à la violence, à la désobéissance et à la révolte ainsi
que des agissements à eux imputables, ayant entrainé des perturbations et
troubles en milieux scolaires et dans certaines localités. »
➔ Voir l’arrêté n°
1245/MFPTDS du 25 avril 2022 du ministère de la Fonction publique, visant
à révoquer 86 enseignants fonctionnaires, sans suspension des droits à
pension :
● https://drive.google.com/file/d/1Uwg7MlV41vImh_HDroU6kuAquELHukqO/view?usp=sharing
2022 (25 avril) : par voie d’arrêté du ministre de la
Fonction publique, 26 enseignants fonctionnaires stagiaires « sont
licenciés, pour manquements graves aux lois et règlements en
vigueur et aux normes d’éthique et de déontologie régissant les fonctionnaires,
notamment des actes d’incivisme notoire, d’incitation à la violence, à la
désobéissance et à la révolte ainsi que des agissements à eux imputables, ayant
entrainé des perturbations et troubles en milieux scolaires et dans certaines
localités. »
➔ Voir l’arrêté n°
1246/MFPTDS du 25 avril 2022 du ministère de la Fonction publique, visant
à licencier 26 enseignants fonctionnaires stagiaires :
● https://drive.google.com/file/d/1ll5Tv4OhEPKKs4NjXLPb_nSeLkcNgU1w/view?usp=sharing
2022 (25 avril) : AU TOTAL, À CE JOUR (25 AVRIL
2022), CE SONT DONC 112 (86 + 26) ENSEIGNANTS FONCTIONNAIRES ET ENSEIGNANTS
FONCTIONNAIRES STAGIAIRES QUI SONT RÉVOQUÉS OU LICENCIÉS DE LA FONCTION
PUBLIQUE.
➔ Voir un article de
presse (de Radio France International – RFI) du 26 avril 2022 :
● https://drive.google.com/file/d/1lU_tEFmmT5uBvfZp9J9Z4IkWp60uJc9_/view?usp=sharing
➔ Voir un article de
presse (d’Anadolu Agency) du 26 avril 2022 :
● https://drive.google.com/file/d/1v4qDaJxHqoZ0ggtnV9RklLZ2kt7SFVkb/view?usp=sharing
➔ Voir un article de
presse (de Deutsche Welle) du 27 avril
2022 :
● https://drive.google.com/file/d/11f4Dg_CA2J-4UgmaKVV9ug_eyPvWM4uT/view?usp=sharing
2022 (25 avril) : par voie d’arrêté du ministre de la
Fonction publique, 6 enseignants fonctionnaires « sont exclus
temporairement de leur fonction pour une durée de trois (03) mois
sans traitement pour manquements professionnels. »
➔ Voir l’arrêté n°
1247/MFPTDS du 25 avril 2022 du ministère de la Fonction publique, visant
à exclure temporairement et sans traitement 6 enseignants fonctionnaires :
● https://drive.google.com/file/d/1h9B3ijuyTK2msN0_cwrYsHAo1ypXhBc_/view?usp=sharing
2022 (25 avril) : par voie d’arrêté du ministre de la
Fonction publique, 26 enseignants fonctionnaires précédemment visés par
l’arrêté n° 0957/MFPTDS du 30 mars 2022 et l’arrêté n° 1013/MFPTDS du 5 avril
2022 « sont rétablis dans le cadre des fonctionnaires de l’enseignement. »
Cela réduit à 124 le nombre des enseignants exclus du secteur de l’enseignement
(137 + 9 + 4 - 26).
➔ Voir l’arrêté n°
1248/MFPTDS du 25 avril 2022 du ministère de la Fonction publique, visant
à rétablir dans leurs fonctions 26 enseignants fonctionnaires précédemment
exclus du secteur public de l’enseignement :
● https://drive.google.com/file/d/1ck6BgjPjBX3OyHexVhmb7fAgRrDBLIJI/view?usp=sharing
2022 (26 avril) : par voie d’arrêté, le ministre
de la Fonction publique exclut du secteur de l’enseignement 2 enseignants
supplémentaires, pour « agissements et comportements répétitifs
incompatibles avec les aptitudes et exigences attachées au métier d’enseignant ».
Cela porte à 126 le nombre des enseignants exclus du secteur de l’enseignement
(137 + 9 + 4 - 26 + 2).
➔ Voir l’arrêté n° 1250/MFPTDS
du 26 avril 2022 du ministère de la Fonction publique, visant à exclure du
secteur de l’enseignement 2 enseignants supplémentaires et à les mettre
provisoirement à la disposition de la fonction publique en attendant des
mesures additionnelles à l’issue d’un conseil de discipline :
● https://drive.google.com/file/d/18C5Rxxs80MRBaObzn8Dt41N9T95-wqt5/view?usp=sharing
2022 (26 avril) : par voie d’arrêté, le ministre
de la Fonction publique exclut du secteur de l’enseignement 18 enseignants
supplémentaires, pour « agissements et comportements répétitifs
incompatibles avec les aptitudes et exigences attachées au métier d’enseignant ».
Cela porte à 144 le nombre des enseignants exclus du secteur de l’enseignement
(137 + 9 + 4 - 26 + 2 + 18).
➔ Voir l’arrêté n° 1251/MFPTDS
du 26 avril 2022 du ministère de la Fonction publique, visant à exclure du
secteur de l’enseignement 18 enseignants supplémentaires et à les mettre
provisoirement à la disposition de la fonction publique en attendant des
mesures additionnelles à l’issue d’un conseil de discipline :
● https://drive.google.com/file/d/17jwIcp9r80YN2XN72CagDNYUlljCqu47/view?usp=sharing
2022 (26 avril) : le Syndicat des enseignants du
Togo (SET) annonce la suspension du mouvement de grève et appelle ses
délégués préfectoraux à consulter la base des enseignants sur la suite à donner
audit mouvement.
➔ Voir le communiqué (n° 012/SET/CS
[b]) du 26 avril 2022 du Syndicat des enseignants du Togo (SET), visant à appeler les enseignants à reprendre
leurs activités pédagogiques dans les établissements à compter du 28 avril
2022 et ce jusqu’à nouvel ordre :
● https://drive.google.com/file/d/1RtBhIiju4_Di0K2bNU08sLN6zv-LTQ_3/view?usp=sharing
➔ Voir le communiqué (n° 013/SET/CS)
du 26 avril 2022 du Syndicat des enseignants du Togo (SET), visant à demander à ses délégués préfectoraux de
consulter la base des enseignants dans les établissements sur la suite à donner
au mouvement de grève :
● https://drive.google.com/file/d/1_uiPvWfCQLszeDJKPvFulW9oPKqgTuf0/view?usp=sharing
2022 (26 avril) : une partie des 112 enseignants révoqués et licenciés du Syndicat des enseignants du Togo (SET) se trouvent dans l’impossibilité d’accéder à leurs avoirs bancaires y compris le salaire du mois d’avril. Manifestement, certains établissements bancaires ont procédé à un gel des avoirs. Selon le SET, le but de cette mesure arbitraire supplémentaire serait d’asphyxier financièrement les responsables nationaux, régionaux et préfectoraux du syndicat pour porter un coup d’arrêt à ses activités.
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