2021 (3 et 4 novembre) : une grève des enseignants touche les établissements publics à l’appel de la Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN), à laquelle le Syndicat des enseignants du Togo (SET) n’est pas affilié. La FESEN exige la jouissance effective et immédiate de la gratification exceptionnelle qui était prévue par le « protocole d’accord » du 19 avril 2018 et que, le 11 janvier 2021, le gouvernement s’est enfin engagé à octroyer aux enseignants à partir de la fin du même mois, sans honorer cet engagement par la suite. La grève est largement suivie selon la FESEN, malgré les menaces proférées la veille (2 novembre 2021) par le ministre de la Fonction publique et le ministre des Enseignements. Le premier a déclaré : « Cette grève de la FESEN est illégale. Et tout enseignant qui y répondra favorablement doit s’apprêter à répondre également des conséquences telles que prévues par la loi notamment l’article 324 du nouveau code de travail. » Et le deuxième : « Tout enseignant qui s’inscrirait dans cette grève illicite s’expose à de lourdes sanctions. Les chefs d’établissement sont invités à être réguliers à leur poste respectif et à dresser rigoureusement la liste des enseignants qui auraient participé à cette grève illicite. Tout manquement de leur part serait sévèrement sanctionné. »
➔ Voir le communiqué du 29 octobre 2021 de la
Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN) appelant à une grève des
enseignants les 3 et 4 novembre
2021 :
● https://drive.google.com/file/d/1n159JFeWZ1SsKXCIHJBu0XFFeejfjFND/view?usp=sharing
➔ Voir un article de presse du 2 novembre 2021 relatif aux mises en garde et menaces adressées
par le ministère de la Fonction publique et le ministère des
Enseignements à la
Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN) la veille de la grève
lancée par cette dernière :
● https://drive.google.com/file/d/1hYs473nuIGauAgpomaxuRl-maTZh-yJo/view?usp=sharing
2021 (4 novembre) : avant même la fin des deux jours de grève, par voie d’arrêté, le ministre des Enseignements démet de leurs fonctions 1 192 directeurs d’école préscolaire et primaire, ainsi sanctionnés supposément pour avoir suivi le mot d’ordre de grève de la Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN), y compris des personnes présentes à leur poste les jours concernés, absentes pour congé de maternité ou même décédées selon plusieurs sources concordantes. En fait, les enseignants visés sont rétrogradés et remis à la disposition de leur direction régionale de l’éducation respective pour être redéployés en qualité de simple chargé de classe.
➔ Voir l’arrêté n°
1420/2021/MEPSTA/CAB/SG/DRH du 4 novembre 2021 du ministère des
Enseignements mettant fin aux fonctions de 1 192 directeurs d’école préscolaire et primaire à la suite de la grève lancée par la Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN) :
● https://drive.google.com/file/d/1Nkm9awZgg6ojwAaKr02R5iVVg2N-jOjd/view?usp=sharing
2021 (5 novembre) : toujours par voie d’arrêté, le
ministre des Enseignements démet de leurs fonctions 153 autres directeurs
d’école préscolaire et primaire dans les mêmes circonstances. Cela porte à
1 345 le nombre total de directeurs d’école arbitrairement sanctionnés. Le
milieu enseignant évoque un mélange d’abus d’autorité, de règlements de compte
et d’erreurs d’appréciation dues notamment à la précipitation de la mesure.
➔ Voir l’arrêté n° 1421/2021/MEPSTA/CAB/SG/DRH
du 5 novembre 2021 du ministère des Enseignements mettant fin aux
fonctions de 153 directeurs d’école préscolaire et primaire à la suite de la grève lancée par la Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN) :
● https://drive.google.com/file/d/1JgsU1v8OExmtM3KD0-qN-UqTV1qqWB8E/view?usp=sharing
Note : les arrêtés en question sont clairement arbitraires dès lors qu’ils ne précisent pas les motifs de la sanction et ne se fondent sur aucune procédure contradictoire. En outre, ils ne ciblent que les deux degrés inférieurs de l’enseignement, c’est-à-dire le préscolaire et le primaire, alors que le premier cycle et le second cycle du secondaire sont aussi concernés par la grève (suivie par 80 % des enseignants du préscolaire au second cycle du secondaire, selon la FESEN). Devant le tollé soulevé, le ministère des Enseignements fait part de sa disposition à réintégrer les personnes concernées à condition qu’elles apportent la preuve de leur non-participation à la grève.
2021 (9 novembre) : la Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN) sursoit in extremis à son nouveau mot d’ordre de grève pour les 10 et 11 novembre 2021. Pour mémoire, la FESEN exige, d’une part, la jouissance effective de la gratification exceptionnelle prévue par le « protocole d’accord » du 19 avril 2018 mais non versée subséquemment, puis censée être versée à partir de la fin du mois de janvier 2021 – d’après l’annonce faite par le gouvernement le 11 janvier 2021 – mais restée sans effet jusqu’à ce jour du 9 novembre 2021, et, d’autre part, la réintégration des directeurs d’école démis les 4 et 5 novembre. En fait, après une intervention de l’Internationale de l'éducation (IE – organisation syndicale mondiale du secteur de l'éducation à laquelle est affiliée la FESEN), le gouvernement aurait accepté de rétablir dans leurs fonctions les personnes sanctionnées.
➔ Voir un article de presse du 10 novembre 2021 faisant état d’un communiqué du 9 novembre par lequel la
Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN) sursoit à la grève des
10 et 11 novembre à la suite d’une correspondance du ministère de la
Fonction publique manifestant une disposition à répondre aux préoccupations exprimées
par la FESEN :
● https://drive.google.com/file/d/15YdwsWIWrzKTXlEDdMBvY5zrXqZHJVhm/view?usp=sharing
2021 (2 décembre) : en marge d’une rencontre de huit fédérations de syndicats d’enseignants, la Fédération des syndicats de l’éducation nationale (FESEN) fait part aux médias du non-rétablissement dans leurs fonctions de 174 directeurs d’école. Faisant partie des 1 345 démis les 4 et 5 novembre 2021, ils n’ont eux pas été inclus par la suite dans les arrêtés successifs portant nomination de directeurs d’école, à la différence de leurs autres collègues démis ces mêmes deux jours.
➔ Voir un article de presse du 7 décembre 2021 faisant état du non-rétablissement dans leurs fonctions de 174 directeurs d’école selon
un bilan présenté le 2 décembre par le
secrétaire général de la Fédération des
syndicats de l’éducation nationale (FESEN) :
● https://drive.google.com/file/d/1YgwsULy1Noi9xEiiHRcP1dADfU5vJNZo/view?usp=sharing
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