La crise du Syndicat des enseignants du Togo (SET), qui perdure depuis janvier 2021 et aura vu la révocation ou le licenciement aussi arbitraires que sauvages de 119 enseignants syndicalistes, est le symptôme d’un sentiment général et profond de malaise dans la profession enseignante.
Cette crise est aussi le symptôme d’un raidissement du régime qui a été sérieusement ébranlé par une contestation populaire il y a quelques années de cela (d’août 2017 à décembre 2018, soit pendant environ 16 mois) et se sait en sursis au-delà des apparences. Dans une logique de « bunkérisation » et d’empêchement à tout prix d’une alternance politique, ce régime a restreint tous-azimuts les droits et les libertés : rétrécissement ostensible de l’espace civique ; réduction de la liberté de la presse à sa plus simple expression ; œuvre de sape de la liberté syndicale ; désinhibition inédite de la manipulation du jeu institutionnel et des processus électoraux ; etc. Et tout cela, tant au niveau du corpus législatif révisé que des pratiques de gouvernance.
Il importe de noter que l’État du Togo, bien que dûment cité à comparaître dans la plainte introduite par le Syndicat des enseignants du Togo devant la Cour de justice de la CEDEAO, n’a pas présenté ses observations à la Cour, ce qui a conduit cette dernière à prononcer un jugement par défaut.
La nature et la tournure du conflit entre le Syndicat des enseignants du Togo et le régime militaire à façade civile quasi soixantenaire soulèvent la question des stratégies d’action pour la défense des droits et des libertés au Togo. Puissent l’ensemble des acteurs engagés pour le changement aujourd’hui et demain tirer, de l’affaire du SET, les leçons qui s’imposent.
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